Sombacour dans le doubs au pied du mont calvaire dans une nature généreuse.

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Histoire résumée

histoire

Merci à Jean Pierre GURTNER pour ce texte ci dessous à savourer sans modération

Promenade dans les mouvements de l’histoire :

L’histoire de Sombacour est liée à celle de son château.

Entre réalité et légendes, l’histoire débute dans la nuit des temps de l’an 1000. A l’époque, les souvenirs du passage des Sarrasins et des Hongrois font craindre de nouvelles invasions et désastres, aussi se construit un simple repaire sur un éperon rocheux, une défensive très modeste (1199), surplombant le passage du col des Roches et les forêts sauvages avec un bourg à proximité. Sires de Salins d’abord, puis sires de Joux se succèdent. On ne sait quel est le seigneur que la légende transforma en bloc de pierre, au pied du Col des Roches, pour avoir refusé l’aumône aux chanoines d’Agaune portant les reliques de Saint-Valère  ! Dans cette féodalité du Moyen Age, les terres et le château passent ainsi dans la famille de Guillaume de Rougemont et de sa lignée.

Les mouvements de l’histoire connaissent les premières souffrances, fin XV° siècle, lorsque les Bernois en traité secret avec Louis XI entrent en guerre contre Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne et de la Comté. Fin mars 1475, treize cents Suisses franchissent le Doubs, s’emparent de Pontarlier, se replient dans le Val d’Usiers puis repartent. Rencontrant 2 000 Bernois qui venaient à leurs secours, les revoilà à Pontarlier, semant à nouveau la terreur jusqu’au château d’Usiers. Charles le Téméraire, qui guerroie dans la Lorraine, se met en mouvement avec plus de 30 000 hommes, pour rejoindre d’abord La Rivière, le 7 février 1476, puis la Suisse.

Vaincu le 2 mars à Grandson puis le 22 juin à Morat, il s’en revient à nouveau à La Rivière, repasse aux Usiers le 25 septembre, part rejoindre Nancy et y meurt le 5 janvier 1477.

Philippe de Hochberg, allié de Louis XI est le nouveau souverain d’Usiers. Il restaure le château, l’église qui porte ses armoiries et fait alliance avec Maximilien d’Autriche, lorsque la Comté n’est plus française (1494). En 1549, c’est Simon d’Eternoz qui est gouverneur d’Usiers. Les malheurs reprennent deux siècles plus tard.

Le 20 janvier 1639, les Suédois dirigés par Saxe Weimar, aux ordres de Richelieu, tuent, brûlent et pillent notre Comté et le Val d’Usiers. Année fatale ! On dit encore « cruel comme un suédois » tellement le carnage est sans merci. La peste afflige les gens et le bétail et la misère est immense. Fin 1640, un deuxième brigand, un capitaine Robert originaire de Liège, transforme le château en un véritable repaire de bandits et saoulards. Robert d’Usiers et sa bande terrorisent les paysans jusqu’à Levier, Salins, Pontarlier. En juin 1641, le gouverneur et la milice les saisissent et les enferment dans les geôles d’Ornans.

Le traité de Westphalie arrête le conflit mais la Paix des Pyrénées en 1659 ramène le Val et la Comté dans la cour d’Espagne. Huit ans plus tard, nouvelle conquête, c’est Louis XIV qui prend soin de démanteler tous les châteaux. Ainsi en 1674, le château d’Usiers comme celui de Saint-Asne auront cessés d’exister, démantelés. Entre temps,

En 1604 la Confrérie de St Sébastien est fondée. Elle regroupe tous les habitants de Sombacour et du Bourg, fermes situées à proximité du château. Les sieurs Racle et Nicod en sont les premiers prieurs. Ils prêtent serment et gouvernent la dite Confrérie en gérant les revenus des cotisants et les amodiations au nombre de sept : le champ de sous le rin de la bataille, le pré de la Cuche, le petit champ Dolans et 4 portions de prés. Ils président aussi le tribunal de la Confrérie ; et malheur à celui qui ne veut pas se soumettre à leur verdict, il est déshonoré. La route du « col des Roches » est une route royale d’Ornans à Pontarlier Sombacour est en conflit, fin XV° siècle jusqu’en 1717, avec les villages voisins pour fixer définitivement les bornes de propriétés et partager les communaux.

Les incendies aux siècles suivants sont nombreux dont ceux de 1718 et de 1807. Les guerres marquent encore les esprits, celle de 1871 voit l’Etat-major du 15° régiment français tomber aux mains des Prussiens avec des morts enterrés à coté de l’église. L’été 1914 mobilise le départ d’appelés pour le front de ce premier conflit mondial. Les pertes sont lourdes pour le village, trente et un sont inscrits sur le monument aux morts ainsi que quatre appelés durant la seconde guerre mondiale. Un petit maquis de résistance se manifesta en fin de conflit. Les guerres d’Indochine et d’Algérie augmentèrent de quatre décès les « morts pour la France ».

A partir des années 1970 le village connaît de nouvelles constructions dans de nouvelles rues étirant le village sur un petit versant face au calvaire.

Début XXI° siècle, des lotissements privés « remplissent » les clos et complètent les décisions municipales d’un accueil plus large de nouveaux arrivants dans le bassin économique de Pontarlier et de la zone frontalière avec la Suisse. Le presbytère est devenu en 1998 un ensemble de logements communaux.
Cartulaire Hugues de CHALON 1220-1319 (édit 1904) ; dictionnaires des communes 1982-1987 M. Malfroy, B. Olivier, J Guiraud ; monographies de villages : H Gauthey (1949), Ch Huot-Marchand (1897), E. Bousson (1889) A Pidoux de la Maduère (1937) , Son et lumière Sombacour (2007), Bulletins municipaux des communes.

Promenade dans le village

Goux les Usiers, Bians les Usiers et Sombacour forment une véritable « conurbation rurale ». C’est l’originalité de ce Val d’Usiers : trois villages « pied-de-versant » adossés à la rupture de pente d’un pli jurassique, le Mont Séverin et présentant trois clochers distincts. Contrastes extrêmes d’édifices entre l’école intercommunale et son périscolaire construits en 2013 et l’église avec sa nef (1493) et son clocher porche du XV°. Si tous les deux s’adossent sur « La Côte » comme symboles d’institutions et de valeurs, l’église et son clocher, sur un éperon rocheux, impose à tous sa présence, montrant l’heure et sonnant les offices.

A l’opposé, l’école recherche la fluidité et l’harmonie avec son environnement. Construite aux normes BBC, chauffée aux énergies renouvelables, sa réalisation tient compte de la lumière naturelle et des conditions de bien-être des enfants. L’église dédiée à Saint-Gervais et Saint-Protais présente une architecture de style gothique avec des voutes d’ogives couvrant la nef. Le mobilier avec les statues de Saint Paul et Saint Claude, la chaire à prêcher et les fonds baptismaux rappellent la signature du Maître sculpteur, Augustin Fauconnet (1701-1781).

Une statue plus récente de Saint Sébastien, en l’honneur de la confrérie, impressionne toujours le visiteur. Le clocher-porche du XV° est surmonté d’un toit à l’impérial, plus tardif, caractéristique des clochers comtois. En face, le mont calvaire avec ses treize oratoires a été érigé à l’initiative de l’abbé Perrot entre 1864 et 1902 et financé par les dons des paroissiens. La dernière station, dite « le Gisant » a été terminée en 1956. A ses pieds, le monument aux morts date de 1923. La maison commune, mairie, en face, a été construite entre 1825 et 1835.

La promenade au village permet d’admirer une ferme ancienne XVII°, des avancées de toits avec galeries de bois appelées soulerets, la fontaine restaurée de Miville et le buste du général Longchamp.

Louis Longchamp (1770-1832) s’est illustré dans les campagnes napoléoniennes d’Italie et d’Egypte. Blessé durant cette dernière, il est promu baron et commandeur de la légion d’honneur. De retour au pays, prieur de la confrérie Saint-Sébastien et sans enfant, il laisse sa maison et ses biens à la commune.

A proximité du stade, des aires de jeux et de tennis, une petite gare servant aux deux villages de Sombacour et Bians, rappellent qu’une ligne de chemin de fer métrique, le tacot, permettait aux habitants d’alors de voyager pour Pontarlier, Levier et Besançon entre 1931 à 1951. J.P. Gurtner , les soulerets et fermes du plateau de Levier (1995), panneaux SIADET (1997) Le patrimoine des communes du Doubs, canton de Levier M. Malfroy, F. Orel (2001)

Lecture du paysage

Depuis le sommet du calvaire, d’un dénivelé de 100 m, la vue plongeante sur le village en fait un point d’observation exceptionnel dans le département du Doubs. Au Sud, le paysage se ferme avec une imposante forêt de résineux, c’est le « Cul de Boin », un nom évocateur pour désigner un endroit clos. Quatre exploitations blocs ou avec stabulation et hangars fourrage- matériel et une porcherie ont organisé de façon fonctionnelle l’espace par la gestion de longues parcelles en bandes.

De nombreux tracteurs franchissent le « Col des Roches » au pied du calvaire. En fait les terres agricoles sont aussi présentes à l’arrière du mont-calvaire, après « les marnes », un ensemble de prairies naturelles en direction de Pontarlier. A l’opposée, la partie Nord, plus dégagée permet d’apercevoir l’extrémité de la rue des trois fontaines de Bians et des exploitations agricoles de Goux. Le « Bois du Désert », au dessus d’Evillers ferme la ligne d’horizon ainsi que les falaises d’Hautepierre le châtelet, dominant la vallée de la Loue. Sous nos yeux, la rue principale aligne des fermes anciennes XVII° et XVIII°.

D’amples versants de toiture coiffent à la fois de larges pignons avec talvanne de bois et des galeries en gouttereaux, les soulerets. Ces silhouettes semblent écrasées au milieu de bâtiments du XIX° plus nombreux, orientés différemment et imposants leurs toits élancés. Des retouches architecturales début XX° avec des toits retournés et des « allongements en équerre » pour héberger plusieurs ménages, complètent ce patrimoine consacré à l’élevage bovin nécessitant de vastes écuries arrangées en « rins » successifs et coiffées de vastes granges permettant l’affouragement hivernal. Sombacour possède sa fruitière à Comtés transformant le lait d’une partie des troupeaux de montbéliardes du village et dont les agriculteurs sont réunis en coopérative de transformation. Son terroir a été étudié par la composition des sols et flore plus caractéristique. L’église, la maison commune, la salle des fêtes, l’ancienne école et maison du général Longchamp ainsi que son buste constituent le cœur historique du village. Fin XX°, des lotissements puis des pavillons récents, des réhabilitations de corps de fermes…ont progressivement densifié l’urbanisme et créé de nouvelles rues à caractère plus résidentiel. Le fond de scène est fermé par des haies qui se resserrent au « bois des creux » en une forêt de feuillus.

Les maisons neuves et un atelier de menuiserie complètent la perspective en prolongeant les parcelles d’origine. Certaines d’entre elles sont en cultures pour l’autoconsommation, témoignant de la qualité des sols dans ce synclinal du Val. A l’arrière, non visible, tout un ensemble de pâturages de faible profondeur repose sur un milieu karstique parfois apparent et segmenté par des haies et arbres imposants le long de la RD 6 en direction de Grange Rouge. Enfin, en haut du calvaire, on peut se laisser aller à la rêverie en imaginant, au dessus du « Col des Roches » le château forteresse d’autrefois et en contemplant les formes étranges des roches, suzerains inhospitaliers changés en statues de pierre. J.P. Gurtner Etudes de paysages cours LAT Lasalle ; Fiches villages (1995) ; Flore des prairies destinée à l’AOC CIGC (1997)

Carte ancienne sombacour carte ancienne sombacour



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